La Révolution française : la Terreur, la fin de la monarchie
Découvre la période de la Terreur, qui marque un tournant radical dans la Révolution française et conduit à l'exécution du roi Louis XVI et à la fin de la monarchie.
💡 Sais-tu pourquoi la période de la Terreur a été appelée ainsi ? Et comment un roi a-t-il pu être jugé et condamné à mort par son propre peuple ?
Après la chute de la monarchie en août 1792, la France entre dans une période très troublée. La nouvelle République, née en septembre 1792, est menacée de l'intérieur par des révoltes et de l'extérieur par les armées étrangères. Pour sauver la Révolution, les dirigeants mettent en place un gouvernement d'exception : c'est le début de la Terreur, une période marquée par la violence et la peur, qui aboutira à l'exécution du roi.
Objectifs de cette leçon
- Comprendre les causes et le déroulement de la Terreur.
- Expliquer les événements qui ont conduit à l'exécution de Louis XVI et à la fin de la monarchie.
- Identifier les principaux acteurs de cette période, comme Robespierre.
La République en danger et la montée de la Terreur
En 1793, la situation de la France est critique. À l'extérieur, les armées autrichiennes et prussiennes avancent. À l'intérieur, une grande révolte éclate en Vendée contre le gouvernement révolutionnaire. Pour faire face à ces périls, la Convention (l'assemblée qui gouverne) donne tous les pouvoirs à un petit groupe : le Comité de Salut public, dirigé par Maximilien Robespierre.
Pour lever une grande armée, la Convention décrète la « levée en masse » en août 1793 : tous les hommes célibataires de 18 à 25 ans doivent servir dans l'armée.
titre: Pourquoi cette mesure ?
explication: C'est une mesure d'urgence pour défendre le pays. Elle montre à quel point la République se sent menacée et est prête à tout pour survivre.
Le mot « Terreur » ne désigne pas seulement la peur ressentie par la population, mais c'est aussi une politique officielle. Le gouvernement déclare que « la Terreur est à l'ordre du jour » pour éliminer tous les ennemis de la Révolution.
Le procès et l'exécution de Louis XVI
Déjà emprisonné après la prise des Tuileries, l'ancien roi Louis XVI est jugé pour trahison par la Convention en décembre 1792. On l'accuse d'avoir comploté avec les ennemis de la France. Le procès est un événement immense : c'est la première fois qu'un roi est jugé par ses anciens sujets.
Le 21 janvier 1793, Louis Capet (son nom de citoyen) est guillotiné sur la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde) à Paris. Cet acte symbolise la rupture définitive avec l'Ancien Régime et la monarchie. Il provoque l'horreur dans les cours européennes et renforce la détermination des ennemis de la France.
La Terreur : un régime de violence et de surveillance
Sous la direction de Robespierre, le Comité de Salut public organise la défense du pays et réprime violemment toute opposition. Des tribunaux révolutionnaires jugent rapidement les suspects. La peine de mort par guillotine est fréquente. Des milliers de personnes sont exécutées, souvent pour des raisons politiques.
La loi des suspects (septembre 1793) permet d'arrêter toute personne considérée comme ennemie de la Révolution, sur simple dénonciation.
titre: Une société sous surveillance
explication: Cette loi instaure un climat de méfiance généralisée. Personne n'est à l'abri d'une dénonciation, ce qui crée un immense sentiment de peur.
La Terreur touche tous les milieux : des nobles, des prêtres, mais aussi des révolutionnaires qui s'opposent à Robespierre, comme Danton ou Desmoulins. La violence devient un outil de gouvernement.
La fin de la Terreur et l'héritage
Au printemps 1794, les armées françaises remportent des victoires. Le danger extérieur s'éloigne. Pourtant, Robespierre intensifie la Terreur (c'est la « Grande Terreur »). Beaucoup de députés ont peur d'être les prochaines victimes. Le 27 juillet 1794 (9 Thermidor), ils se rebellent et font arrêter Robespierre, qui est guillotiné le lendemain.
La chute de Robespierre marque la fin de la Terreur. Une nouvelle période, le Directoire, commence. La Terreur laisse un souvenir très contrasté : elle a sauvé la République face aux invasions, mais au prix d'une grande violence et de la suspension des libertés.
À retenir
- •La Terreur (1793-1794) est une période de violence politique mise en place pour sauver la République, menacée par la guerre et les révoltes.
- •Louis XVI est jugé pour trahison par la Convention et guillotiné le 21 janvier 1793. Cet événement marque la fin définitive de la monarchie en France.
- •Le Comité de Salut public, dirigé par Robespierre, concentre tous les pouvoirs et utilise la Terreur pour éliminer les opposants.
- •La Terreur prend fin avec l'exécution de Robespierre le 28 juillet 1794 (10 Thermidor), après que les députés de la Convention aient eu peur pour leur vie.
Questions fréquentes
Pourquoi a-t-on appelé cette période « la Terreur » ?
On l'a appelée ainsi parce que le gouvernement utilisait délibérément la peur et la violence (arrestations, exécutions) pour faire régner l'obéissance et éliminer tous ses opposants, réels ou supposés. Le mot désigne à la fois cette politique et le sentiment de peur qu'elle inspirait à la population.
Est-ce que tout le monde était d'accord pour tuer le roi Louis XVI ?
Non, le vote à la Convention a été très serré. Sur 721 députés, 361 ont voté pour la mort sans condition, et 360 ont voté contre ou pour une autre peine (comme l'emprisonnement). Son exécution a donc été décidée à une voix près ! Cela montre que c'était un choix très controversé, même parmi les révolutionnaires.
Qui pouvait être considéré comme un « suspect » pendant la Terreur ?
La définition était très large. Cela pouvait être un noble, un prêtre qui refusait de prêter serment à la République, mais aussi un simple citoyen accusé de ne pas être assez enthousiaste pour la Révolution, d'avoir critiqué le gouvernement, ou d'avoir des relations avec des personnes suspectes. La dénonciation suffisait souvent pour être arrêté.
